Convention des Nations-Unies
Avec une ouverture de colloque faisant référence à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, je ne peux m’empêcher de présenter plus précisément l’article 9 de cette convention signée par le Canada le 30 mars 2007.
Accessibilité
- Afin de permettre aux personnes handicapées de vivre de façon indépendante et de participer pleinement à tous les aspects de la vie, les États Parties prennent des mesures appropriées pour leur assurer, sur la base de l’égalité avec les autres, l’accès à l’environnement physique, aux transports, à l’information et à la communication, y compris aux systèmes et technologies de l’information et de la communication, et aux autres équipements et services ouverts ou fournis au public, tant dans les zones urbaines que rurales. Ces mesures, parmi lesquelles figurent l’identification et l’élimination des obstacles et barrières à l’accessibilité, s’appliquent, entre autres :
- Aux bâtiments, à la voirie, aux transports et autres équipements intérieurs ou extérieurs, y compris les écoles, les logements, les installations médicales et les lieux de travail ;
- Aux services d’information, de communication et autres services, y compris les services électroniques et les services d’urgence.
Aucune présentation, hormis celle que je venais présenter (« Accessibilité des sites Web municipaux, des services sans obstacles ? ») ne portait sur les services d’informations ou de communications électroniques. En 2009. Faut-il s’en surprendre ?
Les discours laissaient transparaître très peu de connaissances des règles d’accessibilité des contenus Web, des standards internationaux dont les premières versions datent de 1999. C’est malheureux, car l’ensemble des conférences autrement très enrichissantes, portaient principalement sur des recherches effectuées et dont les résultats seront mis en ligne sans aucune préoccupation d’accessibilité pour les personnes handicapées. Vu le contexte, c’est quand même dommage de présenter un cadre de diffusion non accessible pour supporter des contenus portant sur l’accessibilité aux personnes handicapées, vous ne trouvez pas ?
Accessibilité universelle et plan d’action obligatoire
Le terme accessibilité universelle est revenu à plusieurs occasions, notamment lorsqu’on faisait mention d’un plan d’action municipal pour les personnes handicapées. Notez que selon l’article 61.1 de la Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale :
Chaque ministère et organisme public qui emploie au moins 50 personnes ainsi que chaque municipalité locale qui compte au moins 15 000 habitants adopte, au plus tard le 17 décembre 2005, un plan d’action identifiant les obstacles à l’intégration des personnes handicapées dans le secteur d’activité relevant de ses attributions[...]
Et selon l’article 61.3 de la même politique :
Les ministères, les organismes publics et les municipalités tiennent compte dans leur processus d’approvisionnement lors de l’achat ou de la location de biens et de services, de leur accessibilité aux personnes handicapées.
Wow, c’est que cette politique est en place depuis la fin de 2005 ! Où sont les résultats ? Pourquoi le Web municipal demeure t-il si peu accessible malgré un tel encadrement ? Que font les fournisseurs de services Web ?
Navrant aussi de constater que tous les plans d’action à l’égard des personnes handicapées des municipalités du Québec que j’ai pu glaner sur le Web ne comportaient pas ou très peu d’information sur l’aspect des technologies de l’information et des communications. Suis-je si différent du citoyen moyen si mon premier réflexe est d’abord de chercher sur le site Web d’une municipalité l’information dont j’ai besoin avant de me rendre à l’hôtel de ville ?
De plus, aucun PDF d’un plan d’action municipal n’était accessible ! (Psst, je vous sugère la formation sur l’accessibilité des PDF et des documents téléchargeables ...)
Mention spéciale à une ville de la région de Montréal dont nous tairons le nom qui, en 2008, dans son plan d’action (un document PDF converti en images, dont les textes étaient irrécupérables), publiait comme seule directive en terme de communications :
Dans le plan de développement du site internet, les titres sont écrits en caractères gras, en format beaucoup plus grand et en couleur voyantes.
Je ne remets pas en question les réalisations faites et les efforts investis jusqu’à présent, mais, il serait peut-être temps de remettre les pendules à l’heure... ne serait-ce que pour la jeunesse qui pousse derrière et qui est née dans les technologies de l’information et des communications !
Contrairement aux ministères et organismes publics qui, pour la plupart, seront assujettis au standard SGQRI 008 et qui prennent le taureau de l’accessibilité par les cornes, il semble y avoir un manque flagrant de volonté politique au niveau municipal. Qu’attendent les municipalités pour rendre leurs contenus Web accessibles aux personnes handicapées et aux populations vieillissantes ?
Il y a actuellement 68 municipalités de 15 000 habitants et plus au Québec. Comme citoyens et citoyennes, ne serait-il pas temps de questionner vos municipalités afin de connaître la teneur de leurs plans d’action prévus pour l’accessibilité de leurs contenus Web ?
Nous serons très bientôt dans la deuxième décennie du 21ième siècle ! Pourquoi le Web municipal doit-il encore être traité comme si nous vivions toujours dans les années 90 ?

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