Pour la plupart des spécialistes en accessibilité du Web, l’arrivée de la nouvelle version du standard WCAG (Web Content Accessibility Guidelines) est synonyme de nouveautés :
- nouvelles règles à apprendre,
- nouvelles dispositions de règles à retenir,
- nouvelles préoccupations découlant de l’évolution des technologies,
- nouvelle structure des concepts et fondements,
- etc.
Beaucoup d’inquiétudes donc, et rien de bien positif pour ceux et celles qui s’avèrent un peu réfractaires au changement.
Pourtant, dans les faits, l’organisation de la version 2.0 des WCAG rend le document normatif globalement plus simple à comprendre que sa version précédente. Si le principe fondateur du standard demeure le même (veiller à l’accessibilité des contenus sur le Web pour les personnes handicapées), la nouvelle organisation des règles rend le tout plus facile à transposer concrètement dans un contexte de développement Web.
Bien que la version 1.0 ait été à la hauteur de la plupart des attentes et qu’elle ait fait admirablement son œuvre dans les dernières années, il faut bien reconnaître qu’en plusieurs endroits, WCAG 1.0 était inutilement technique, complexe et obscur. Il n’y a qu’à se référer aux innombrables échanges et querelles ayant eues lieu entre experts sur le Web pour s’en rendre compte.
Pour vous convaincre de la simplicité de WCAG 2.0, le W3C propose un document intitulé : « Web Accessibility QuickTips - WCAG 2.0 at a Glance » qui permet de se faire une tête très éclairée sur l’organisation des règles d’accessibilité de la nouvelle mouture du standard. Et ce, en plus d’identifier certains principes clés à respecter pour chacun des critères.
Dans un but de complétude, je vous propose ci-dessous une traduction libre de ces principes clés, en plus d’y coller une définition de chaque critère, tels que nous les utilisons depuis quelques années chez AccessibilitéWeb.
Critères d’accessibilité
Perceptible
S’assurer que le contenu peut être perçu par tout utilisateur. Par exemple, une image sans équivalent textuel ne peut être perçue par une personne aveugle. De même, un fichier sonore sans transcription textuelle ne peut être perçu par une personne sourde.- Fournir des équivalences textuelles aux contenu non-textuels.
- Fournir sous-titres et autres alternatives du même ordre aux contenus audio et vidéo.
- Rendre les contenus adaptables et utilisables par les technologies d’adaptation informatique.
- Utiliser des contrastes suffisants pour favoriser la perception des contenus.
Utilisable
S’assurer que les éléments d’interface du contenu sont utilisables par tout utilisateur. Par exemple, une personne incapable d’utiliser une souris doit être en mesure de se déplacer dans le contenu à l’aide du clavier. De même, un tableau de données et un contenu non structuré rendent la navigation difficile si une personne n’a pas une vision globale de l’écran et doit l’explorer pas à pas.- Rendre toutes les fonctionnalités accessibles au clavier.
- Accorder aux utilisateurs suffisamment de temps de lecture et de manipulation des contenus.
- Ne pas recourir à des contenus susceptibles de causer des crises dépilepsie photo-sensible.
- Aider les utilisateurs à naviguer à travers les contenus pour trouver ce qu’ils cherchent.
Compréhensible
Rendre le contenu et les contrôles compréhensibles par autant d’utilisateurs que possible. Par exemple, indiquer les changements de langue permet aux utilisateurs de synthèse vocale d’entendre la description du contenu dans la langue désirée. De même, un langage simple et des mécanismes de navigation cohérents rendent le contenu plus compréhensible pour les personnes ayant une limitation cognitive.- Rendre le texte lsible et compréhensible.
- S’assurer que le contenu appraisse et puisse être manipulé de manière prévisible.
- Aider les utilisateurs à éviter ls erreurs et fournir des mécanismes simples pour corriger les erreurs commises.
Robuste
Le contenu d’un site Web doit pouvoir être utilisé par les technologies courantes ou à venir, incluant les technologies d’adaptation informatique (logiciel ou matériel permettant à une personne handicapée d’utiliser un ordinateur de façon autonome pour accéder à l’information).- Maximiser la compatibilité avec les technologies actuelles et futures.
Bien avant l’atteinte du niveau de maturité que l’on peut dorénavant reconnaître à WCAG 2.0, la pertinence d’une organisation par critères tels que ceux-là était fondée. En comparaison aux quatorze directives proposées dans WCAG 1.0, il est clair qu’on y gagne beaucup en terme de simplicité et d’efficacité. Pour nous chez AccessibilitéWeb, cette organisation a été le catalyseur d’une vision renouvellée des règles qui a mené à notre approche actuelle en terme d’évaluation de sites Web (PDF, 160ko).
Si cela peut également vous être utile de vous en inspirer pour animer votre propre démarche, alors faites !

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