Comme je l’ai déjà expliqué dans le billet précédent, le critère de succès « 1.3.1 – Information et relations » est de portée plus générale, ce qui requiert environ 20 000 mots d’explications. Il s’agit d’un cas un peu extrême et heureusement isolé par rapport à l’ensemble des critères de succès de WCAG 2.0 qui est généralement de portée beaucoup plus restreinte.

Le critère Information et relations touche à la fois à plusieurs aspects liés à la conception d’une page Web : structure, formulaire, tableaux, navigation et mise en forme.

Structure

En ce qui concerne la structure, le critère 1.3.1 exige le codage avec les balises h1 à h6 des en-têtes de sections afin que la structure du document puisse être reconnue par les outils d’adaptation informatiques. De même, il requiert que les balises de listes (ul, ol, dl) et de citations (blockquote) soient utilisées de façon sémantique afin de bien marquer l’articulation structurelle du contenu.

Formulaire

Dans un formulaire, un outil d’adaptation informatique doit pouvoir établir la relation entre chacune des étiquettes et le champ correspondant. Il faut donc que cette relation soit adéquatement créée dans le code en utilisant systématiquement une balise label pour chaque étiquette et en indiquant à l’aide de l’attribut for la relation avec le champ correspondant identifié par son attribut id.

De même, une étiquette doit être positionnée à proximité immédiate du champ afin que la relation soit également facile à établir visuellement, même pour un utilisateur d’un logiciel de grossissement qui n’offre qu’un champ de vision limité.

Enfin, les regroupements de champs doivent être codés avec les balises fieldset et legend afin que ces regroupements puissent être reconnus automatiquement par les outils d’adaptation informatiques.

Tableaux

Un tableau de données ne peut être compréhensible que si l’on peut établir une relation entre le contenu d’une cellule de données et celui de toutes les cellules d’en-têtes correspondantes. Ce qui implique donc une distinction entre les cellules td et th ainsi qu’une association explicite entre ces cellules dans un tableau complexe à l’aide de l’attribut headers qui identifient, s’il y a lieu, toutes les cellules d’en-têtes qui correspondent à chaque cellule du tableau.

L’utilisation d’une légende de tableau (caption) ou d’un résumé (summary) peuvent aussi éclairer l’intention de l’auteur et aider à comprendre les relations dans un tableau complexe.

Navigation

Du point de vue de la navigation, un élément de navigation doit pouvoir être reconnu comme tel et doit donc recevoir un traitement visuel qui permet de l’identifier facilement. Cela s’applique aux menus de navigation mais également aux liens qui sont incorporés au texte.

Si des cadres sont utilisés, ils doivent être identifiés de façon à ce qu’un utilisateur d’un logiciel de lecture d’écran puisse en comprendre la fonction. Le nombre de cadres doit également être restreint si on veut qu’il soit possible d’en comprendre les relations.

Mise en forme

Les variations dans la présentation visuelle du texte véhiculent une information jugée suffisamment importante pour justifier une présentation différente. Cette information doit donc aussi être disponible pour les utilisateurs qui ne peuvent percevoir ces indices visuels. Ces variations doivent donc être données aussi explicitement en texte.

De même, l’utilisation de la feuille de style CSS pour insérer du contenu informatif (:before, :after) doit être évitée car cette information ne sera pas disponible pour l’utilisateur d’un logiciel de revue d’écran ou pour un utilisateur qui doit désactiver ou remplacer la feuille de style pour obtenir une présentation visuelle mieux adaptée à ses besoins.

En conclusion

Je n’entre pas pour le moment dans le détail de chacun des points qui précède, détails auxquels je reviendrai éventuellement. Mon propos étant ici de démontrer que beaucoup de choses peuvent se cacher sous la surface d’un énoncé formulé en 25 mots et que l’on ne peut comprendre toute la portée des critères de succès de WCAG 2.0 sans un effort d’approfondissement parfois considérable.

La grille d’évaluation élaborée par AccessibilitéWeb pour vérifier la conformité à WCAG 2.0 compte 141 points à vérifier. Le critère 1.3.1 génère à lui seul 17 questions.

Dans mon prochain billet, je brosserai un tableau d’ensemble des différents critères touchant à l’audio et à la vidéo pour en comprendre l’organisation graduée selon le niveau de priorité.