Victor Brito de BritoWeb rapportait hier une étude conduite par WebAIM sur les habitudes des utilisateurs de lecteurs d’écran qui est vraiment intéressante pour quiconque œuvre dans le domaine de l’accessibilité du Web pour les personnes handicapées (et tout particulièrement pour les handicaps liés à la déficience visuelle).
En effet, il n’est pas rare que dans le cadre de notre pratique, nos clients cherchent à connaître le pourcentage d’internautes utilisant JAWS ou Window-Eyes, sur leurs rapidité à tenir leurs outils d’adaptation à jour ou encore, si ces mêmes utilisateurs préfèrent opter pour les éventuelles versions textes de sites (lorsque celles-ci sont disponibles).
Grandes tendances
Le sondage, conduit entre décembre 2008 et janvier 2009, a recueilli plus de 1 100 réponses d’utilisateurs de lecteur d’écran aux compétences variables face aux technologies. Ces réponses révèlent des informations des plus intéressantes :
- les lecteurs d’écran selon leur popularité :
- 74 % des utilisateurs de lecteur d’écran utilisent Jaws,
- 23 % Window-Eyes,
- 8 % NVDA,
- 6 % VoiceOver ;
- 75 % des utilisateurs de lecteur d’écran se mettent à jour en installant la dernière version du lecteur, et ce dans un délai d’un an ;
- 12 % des personnes ayant répondu au sondage utilisent un lecteur d’écran sur un téléphone mobile ;
- 76 % des utilisateurs naviguent toujours ou souvent titre par titre ;
- 36 % n’utilisent jamais, ou utilisent rarement, les versions en texte seul des pages Web ;
- 72 % des utilisateurs de lecteur d’écran ont rapporté que l’accès aux contenus en Flash est très ou plutôt difficile.
Qu’en retenir ?
Quelques observations à tirer de ces résultats... s’il fallait n’en retenir que quatre :
- JAWS est bel et bien l’outil de prédilection des handicapés visuels (mais ça, nous le savions déjà) ;
- Il est crucial de recourir aux éléments HTML <h1> à <h6> pour structurer le contenu d’une page (créant du coup, l’équivalenet d’une table des matières que l’utilisateur de lecteur d’écran peut exploiter à son avantage) ;
- Les versions « pur texte » des sites Web ne donnent pas grand chose et continuent de perpétuer un Web de seconde classe. Qu’on se le dise, les principes des standards Web et l’accessibilité des contenus Web vont de pair : en opérant une séparation nette entre la structure du contenu (HTML), sa présentation (CSS) et les comportements qui y sont associés (JavaScript), les personnes handicapées pourront exploiter les versions enrichies des sites Web qui en seront du coup potentiellement plus accessibles ;
- Quoiqu’en dise Adobe, Flash et accessibilité ne vont pas nécessairement de pair.
L’étude réalisée par WebAIM présente, dans le détail, plusieurs traits des habitudes des utilisateurs de lecteurs d’écran. Une lecture à la fois éclairante et inspirée sur la question, que je vous recommande fortement si vous êtes concernés de près ou de loin par le développement de sites ou d’applications Web.

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