Selon l’enquête sur la participation et les limitations d’activités de 2006 (PDF, 475Ko) réalisée par Statistique Canada, entre 2,5 % et 4,1 % de la population québécoise vit avec des limitations cognitives.
On retrouve une grande variété de causes et de niveaux de sévérité au sein de ce groupe, qu’on peut décliner en deux grandes catégories :
- L’état clinique, tel que la déficience intellectuelle, le syndrome de Down (trisomie 21), l’autisme, les traumatismes craniocérébraux (TCC), la démence, etc.
- Les limitations cognitives moins sévères, telles que les troubles de l’attention (TA), les troubles d’interprétation des stimuli visuels ou auditifs, les troubles d’interprétation des indices non verbaux et les difficultés d’apprentissage en général, incluant la dyslexie (difficulté à lire), la dysgraphie (difficulté à écrire) et la dyscalculie (difficulté avec les chiffres et les calculs).
Les difficultés rencontrées par une personne handicapée diagnostiquée avec un état clinique apportent un lot de problèmes auquel l’accessibilité du Web ne peut pas forcément répondre. Toutefois, il en est autrement en ce qui concerne les limitations cognitives moins sévères qui elles, pourront voir leurs impacts minimisés sur le Web par l’application des bonnes pratiques liées à l’accessibilité.
Les principales catégories des conséquences fonctionnelles du handicap cognitif concernent les déficits ou les difficultés en lien avec :
- la mémorisation
- la concentration
- la compréhension
- la résolution des problèmes
- la lecture,
- le langage,
- le raisonnement.
De plus, il y a souvent un chevauchement des limitations cognitives. Une personne ayant des troubles de la mémoire peut aussi avoir des difficultés d’attention ou de résolution de problèmes par exemple.
Note : Idéose propose une traduction en français d’un article fort intéressant du groupe américain WebAIM, intitulé « Handicap cognitif : introduction » qui dresse un portrait très complet de l’accessibilité du Web pour les personnes handicapées cognitives.
Moyens d’adaptation
Dans le cas des limitations cognitives, les moyens d’adaptation suivants sont préconisés :
- Lecteur multimodal
- Synthèse vocale et surlignement du texte
Principaux obstacles rencontrés sur le Web
Les principaux obstacles rencontrés par un utilisateur ayant une limitation cognitive relèvent généralement de :
- de difficultés de compréhension du langage écrit, généralement causées par :
- la disposition du texte dans la page, tel que des colonnes de texte trop larges, des tailles des polices trop petites, des caractères présentés en italique, un interlignage trop serré des paragraphes, etc.
- la complexité du niveau de langage employé, tel que des paragraphes trop longs, un vocabulaire trop riche, etc.
- d’une trop grande densité textuelle, généralement causée par des textes présentés sans supports visuels, sans iconographie, etc.
- de sources constantes de distractions, généralement causées par des images en mouvement perpétuel dans la page, des contenus animés qui attirent l’attention, etc.
- d’une navigation offrant trop de choix sur la même page.
Résolution des problèmes
Les grandes différences entre les capacités des personnes ayant une limitation cognitive compliquent les choses lorsque vient le temps de rendre des contenus Web accessibles. En fait, il est important de comprendre que beaucoup de contenus Web ne peuvent tout simplement pas être rendus accessibles aux personnes avec un handicap cognitif sévère. Peu importe les efforts déployés par le développeur, certains contenus seront toujours trop complexes pour certains utilisateurs.
Il y a toutefois un certain nombre d’actions que les développeurs peuvent poser pour accroître l’accessibilité des contenus Web aux personnes ayant des handicaps cognitifs moins sévères.
- Utiliser un langage simple (règle 3.1)
- Découper le contenu (règle 3.1)
- Utiliser des phrases courtes (règle 3.1)
- Utiliser de courts paragraphes (règle 3.1)
- Utiliser des listes plutôt que des paragraphes (règle 1.4)
- Utiliser des colonnes moins larges (règle 1.4)
- Utiliser une taille du texte suffisante (règle 1.4)
- Éviter l’italique plus difficile à lire et les polices serif (règle 1.4)
- Utiliser une interligne agrandi à 1,5 (règle 1.4)
- Illustrer le texte avec des images ou des vidéos (règle 1.4)
- Éviter le mouvement (règle 2.2)
- Fournir une navigation scénarisée réduisant la charge cognitive (règle 2.4)
Note : Dans de nombreux cas, les techniques pour rendre les contenus Web plus accessibles aux personnes atteintes de handicap cognitif ne sont rien de plus que des techniques pour une communication efficace.
Dans la même série...
- Les clientèles de l’accessibilité du Web : portrait des personnes handicapées en lien avec le vieillissement
- Limitations visuelles et impacts sur l’accessibilité du Web
- Limitations auditives et impacts sur l’accessibilité du Web
- Limitations motrices et impacts sur l’accessibilité du Web
- Limitations cognitives et impacts sur l’accessibilité du Web
Note :
Le contenu de ce document a été réalisé avec la collaboration de M. Jean-Marie D’Amour de l’Institut Nazareth et Louis-Braille (INLB) et de Mme. Catherine Roy, du Centre de recherche et d’expérimentation sur l’inclusion numérique (CREin).

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