Selon l’enquête sur la participation et les limitations d’activités de 2006 (PDF, 475Ko) réalisée par Statistique Canada, entre 1,8 % et 3,2 % de la population québécoise vit avec des limitations visuelles. Plus précisément, il est question de deux types de limitations :
- Acuité visuelle (résolution d’image) qui, lorsque la vue est inférieure à 6/21, exige, pour s’avérer fonctionnelle, le recours à des outils ou des progiciels de grossissement. Une limitation qui aura un impact évident sur les capacités de lecture et d’écriture.
- Champ visuel qui, lorsqu’inférieur à 60 degrés, limite considérablement ce que la personne peut percevoir et affecte du coup sa capacité à opérer un balayage visuel efficace. Une limitation qui affectera d’abord et avant tout sa mobilité. Ce type de limitation est souvent lié à des maladies dégénératives qui réduisent de plus en plus le champ périphérique finissant aussi par affecter les capacités de lecture et d’écriture.
Moyens d’adaptation
Dans les cas de limitations visuelles, les moyens d’adaptation suivants sont préconisés :
- Grossissement uniquement : des fonctionnalités de grossissement des interfaces intégrées au système d’exploitation ou aux applications, telles que les fonctions de zoom intégrées aux applications de Microsoft Office, la loupe intégrée à Windows ou la fonction de Zoom intégrée à Mac OS.
- Progiciel de grossissement (utilisé au besoin avec un facteur de grossissement variant entre 1X à 3X) : par exemple, ZoomText, utilisé en grossissement avec un support possible des fonctionnalités de synthèse vocale.
- Progiciel de grossissement (utilisé à temps plein avec un facteur de grossissement de 4X et plus) : par exemple, ZoomText, utilisé en grossissement avec l’usage des fonctionnalités de synthèse vocale.
- Synthèse vocale uniquement : JAWS, Window-Eyes, NVDA, etc.
- Synthèse vocale et afficheur braille : JAWS, Window-Eyes, NVDA, VoiceOver, etc., utilisé de pair avec un écran braille.
- Braille uniquement (sourd-aveugles) : JAWS, Window-Eyes, NVDA, VoiceOver, etc., avec messages éphémères et écran braille.
Note : ces adaptations ont toujours pour effet de réduire la zone de visualisation (1/16e de l’écran en grossissement de 4X, 32 ou 40 caractères sur un écran braille. Pour ce qui est de l’information prononcée en synthèse vocale, elle est toujours partielle et éphémère et suit le déplacement de la zone active (focus).
Principaux obstacles rencontrés sur le Web
Les principaux obstacles rencontrés par un utilisateur qu’on qualifie de « fonctionnellement voyant » (90 % de cette clientèle) toucheront :
- les contrastes des couleurs trop faibles entre les textes et les couleurs de fonds sur lesquels ces textes s’affichent ;
- les caractères trop petits ou sans élasticité, dont on ne peut modifier la taille ;
- la distance entre les étiquettes et les champs de formulaire auxquels ces étiquettes se rapportent et qui devient problématique lorsque la zone de visualisation est restreinte par le grossissement.
Les principaux obstacles rencontrés par un utilisateur qu’on qualifie de « fonctionnellement aveugle » (10 % de cette clientèle) toucheront :
- la description manquante (attribut alt) des images et surtout des images-liens ;
- l’association manquante des étiquettes et des champs de formulaire ;
- l’association manquante des cellules d’en-têtes et de données dans les tableaux ;
- l’information véhiculée par la couleur ou un indice visuel uniquement (comme la taille, l’emplacement ou la disposition).
Résolution des problèmes
Ces barrières rencontrées par les personnes ayant des limitations visuelles peuvent facilement être contrées par l’application de plusieurs règles techniques issues des standards WCAG 2.0, touchant :
- la perception : l’information et les composants de l’interface utilisateur doivent être présentés à l’utilisateur de façon à ce qu’il puisse les percevoir.
- l’utilisation : les composants de l’interface utilisateur et de navigation doivent être utilisables.
- la compréhension : les informations et l’utilisation de l’interface utilisateur doivent être compréhensibles.
- la robustesse : le contenu doit être suffisamment robuste pour être interprété de manière fiable par une large variété d’agents utilisateurs, y compris les technologies d’assistance.
Bien évidemment, au delà de la simple application de techniques pour favoriser l’inclusion des personnes handicapées visuelles, il y a toujours la nécessité de tests fonctionnels avec des lecteurs d’écran tels que NVDA, JAWS, Window-Eyes et VoiceOver.
L’Université Nice Sophia Antipolis propose une vidéo démontrant comment une personne ayant une déficience visuelle utilise les adaptations offertes par son ordinateur pour pallier à son handicap.
Dans la même série...
- Les clientèles de l’accessibilité du Web : portrait des personnes handicapées en lien avec le vieillissement
- Limitations visuelles et impacts sur l’accessibilité du Web
- Limitations auditives et impacts sur l’accessibilité du Web
- Limitations motrices et impacts sur l’accessibilité du Web
- Limitations cognitives et impacts sur l’accessibilité du Web
Note :
Le contenu de ce document a été réalisé avec la collaboration de M. Jean-Marie D’Amour de l’Institut Nazareth et Louis-Braille (INLB) et de Mme. Catherine Roy, du Centre de recherche et d’expérimentation sur l’inclusion numérique (CREin).

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